Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /2009 21:38
CHAPITRE 1: Lâcheté



Le bateau avançait, décidé, vers la ligne d'horizons. Le jeune homme installé à la proue avait cet air suffisant de celui qui à tout et qui ne souhaitais qu'en avoir plus, les cheveux dans le vent, sa chemise militaire ouverte flottant dans les airs, révélant une toison pectoral et une immense chaine en simili or, un air de proxénète véritable, l'œil vif, la truffe humide, les oreilles aux aguets, la queue dressé, c'était un pur produit de l'opportunisme.
Il se savait intouchable et tout puissant. Malheureusement pour lui, l'armée recrute n'importe qui, et tous sont au même rang.
Le débarquement sur fit sur la côte de l'Algérie, le sable et la verdure qui donnait a cette traversé un air de voyage de vacance de grand standing était troublé par les baraquement et les uniformes kaki qui couraient de long en large, gâchant incroyablement le paysage.
Jacques descendit du bateau avec autant de prestance que pouvait lui donner son uniforme. Le sac sur le dos, son MAS 49 en ceinture, les poches pleines d'aphrodisiaques, il comptait bien profiter au maximum de son escapade en terre exotique pour s'en mettre plein les poches et se vider les bourses. C'est le regard rêveur et perdu dans l'horizon, imaginant avec délectation les courbes délicates et fruitées des autochtones qu'il s'écrasa de tout son long sur le quai, sous les regards hilares de ses compagnons de traversé, qui avait les yeux rivé sur la bosse enflée de son entre-jambe. « La gaule maladroite », tel était son nouveau pseudonyme dans la bouche de ce pays qui semblait pourtant hospitalier à première vue.
On l'emmena, lui et les autres Bleu, au campement principal où l'on l'affectait chaque nouveau à un poste suivant ses compétences.
Il avait l'œil hagard du chien que l'on emmenait pour la première en ballade dans une région nouvelle et qui savait qu'il se ferait abandonner par ses maitres. Il ne pouvait s'empêcher de prendre des point de repère. Le premier lieu qu'il chercha était l'infirmerie. Car, après tout, une infirmière est toujours canon tant qu'elle a son uniforme sexy. Et dans un pays chaud, les vêtements sont vite raccourci.
Il comptait sur son charme habituelle qu'il exerçait si aisément sur les curistes de la station thermal non loin de chez lui.
C'est avec l'orgueil regonflé a la vue d'une assistante soignante qu'il pénétra le quartier des dortoirs a la suite des autres moutons, le dépassa lentement et se retrouva en peloton devant une battisse de fer et de tôle qui le surplombait de toute sa hauteur.
Il furent mis en file indienne et entrait un-par-un par l'ouverture de la lourde porte d'acier.

La voix douce et onctueuse du sergent en charge de cette tache résonnait et se répercutait à l'infini avec force et rage sous le baraquement de fer qui chauffait tout le monde tel un micro-onde géant.
« SUIVANT!!! »
Jacques s'avançât, de grosses gouttes de sueur, froide ou non, perlaient sur son front et venaient s'écraser sur ses bottines cirées avec amour. Il se plaçât devant l'homme plus gradé, plus baraqué, plus homme que lui et tel un instinct primaire du faible chasser, il se crispa et tremblât.
Il devait faire de gros effort pour ne pas céder à la pression et ne pas relâcher cette même pression qui lui serrait la vessie et le sphincter.
« TOI! Tu sais faire quoi le troufion?
-vbl...
-T'as parler ou tu t'es chier dessus?!
-Volet... Je monte et peint des volets pour une petite boite dans ma ville et...
-LA FERME! Je t'ai pas demandé de me raconté ta vie! Bon, tu seras corvée de baraquement! A toi de briquer la tôle, de virer la rouille et de me permettre de m'admirer dans le reflet!!! Et reste pas accroché au poêle! Ça laisse des marques sur le grill!
-Bien chef!
-SERGENT! Espèce de petit trou du cul!
-Bien sergent! 
-SUIVANT! Et arrêter d'être tous demeuré! »

Sur le coup, le pauvre Jacques n'avait saisit l'allusion au poêle. 

Alors qu'il sortait de la zone de chasse du mâle dominant, il se sentait revivre peu a peu. Un rapide allez-retour sous le douche finit d'enlever la honte qui lui collait à la peau. Et il put sortir au grand jour, faire ce qu'il aimait le plus, se pavaner, chaines et gourmettes doré au grand air, chemise ouverte, il déambulait dans les allées avec des allures de coqs dans sa basse-cour. 
Par Pierrick Pignier - Publié dans : Réglement De Compte
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