Chapitre 1
Générateur de production psychique plus ou moins volontaires
Ce jour là, c’était une journée complète d’examens. « Quelle galère ! », c’est ce que j’aurais surement dit, comme les autres, si je ne me refusais pas à l’idée de justement faire comme les autres. Ainsi je marchais lentement, en compagnie d’une de mes camarades de classes qui se devait, depuis qu’elle avait déménagé dans les environs d’emprunter le même chemin que moi pour aller au bahut. Quelle malchance ! C’est bien sa veine, de tomber sur quelqu’un comme moi. Je l’écoutais donc avec une faible attention et elle ne tarda pas à me le faire remarquer.
« Hé ! Tu m’écoutes ?! » Me lança-t-elle l’air renfrogné.
« Hum ? Euh… Oui, bien sûr » Mon piètre intérêt se lisait sur mon visage.
S’en suivit alors une kyrielle de reproches, tous plus insipides les uns que les autres, tellement risibles et futiles que je n’en écoutai que la moitié. Mon attention se portait surtout sur le temps qu’il faisait ou le beau paysage urbain que je voyais tout les matins, waouh ! C’est alors qu’elle me lança un maintenant habituel « Tu as bien changé ! ». Cela eut pour effet de me faire revenir dans la conversation.
« Tu m’en vois désolé… » lui dis je, avec un air sincère complètement loupé.
« Il est finit le temps où tu rigolais pour un rien, que tu lançais des blagues plus ou moins drôles et que tu critiquais joyeusement. » Rétorqua-t-elle.
Ah au fait je ne vous ai pas donné son nom, et bien de toute façon vous ne le saurez pas, c’est complètement inutile pour vous de le savoir et pour moi de vous le dire puisque de toute façon, elle ne tardera pas à disparaître de ma vie, comme la majorité des autres…
Sur ce, je ne vous conterais pas non plus la fin de cette conversation banale et sans intérêt. Passons donc maintenant à l’arrivée au lycée. Je saluais comme à l’accoutumée mes différents camarades de classes à l’entrée, en en omettant malencontreusement quelques uns. Ils étaient, tous là, à s’apitoyer sur les épreuves à venir, avec les fameux « T’as révisé toi ? » ou encore « Je vais me planter… » d’un air fier, sachant que ces gens là avait révisé encore plus que la normale. Ce genre d’attitude avait tendance à m’énerver, intérieurement du moins, car je ne laissais pas ou plus transparaitre facilement mes émotions. Les épreuves étaient relativement simples, c’était des épreuves d’entrainement après tout, peut être que le corps enseignant ne cherchait seulement qu’à nous mettre en confiance. La journée se termina tout aussi vite que celles-ci et je fus bien content de rentrer chez moi au plus vite.
Je rentrais chez moi beaucoup plus vite que je n’en fus parti. Surement que j’y prenais plus plaisir, l’envie s’en ressentait plus que celle d’aller chauffer les bancs de l’école après tout. Aussitôt rentré, je pris ma douche, qui se chargeait d’épurer aussi bien les maux du corps que ceux de l’esprit. Suite à ça, je me dirigeais vers ma chambre, et allumait l’ordinateur. Malgré mon état d’esprit révolutionnaire (seulement pour moi) j’avais des occupations tout à fait normales, du moins non-extravagantes. Ainsi, après avoir attendu suffisamment longtemps, le temps que le disque dur s’amorce, que les différentes applications se mettent en route, et tout ça, je me connectais sur mon logiciel de messagerie instantanée. J’avais un nombre de contacts moyennement petit, une cinquantaine, peut être plus, peut être moins, enfin on en a rien à faire au final. La seule chose que j’aimerais dire, c’est que nombre de ces contacts se trouvaient dans cette liste on ne sait pour quelle raison. Je faisais un rapide tour de mes favoris, rien d’intéressant à priori. Finalement, il n’y eu personne qui m’intéressait ce jour là qui s’était connecté, rien d’inhabituel cependant. Ainsi, j’éteignis le P.C après avoir fantasmé sur le dessin d’un manga quelconque. C’était mon principal passe temps, rien de bien extravagant comme je vous l’avais dis. Il était dans les vingt heures, j’avais déjà mangé, brossé mes dents, etc.…
Là, vous allez me dire : « Mais quelle vie ennuyante ! Il n’a pas d’amis, pas d’occupation, il est prêt à aller se coucher à huit heures du soir, mais qui c’est ce tocard ?! ». Je ne nierais pas, tout n’est pas faux, tout n’est cependant pas vrai. J’avais bien une occupation, je dessinais (et j’écoutais aussi de la musique, mais pour moi cela ne compte pas réellement dans les occupations, car on écoute toujours de la musique en faisant quelque chose.), et cela me suffisait. J’étais en quelque sorte une sorte d’artiste du manga, comme tant d’autres. Je n’aimais cependant pas le dire car, les gens ont tendance à ne pas vraiment prendre cela au sérieux, bien qu’ils ne le disent pas. Tout ces « Oh c’est joli ! » et autres compliments foireux et hypocrites ne me plaisaient pas du tout. Bien sûr, il y avait ceux qui trouvaient réellement ça bien, ou encore apportaient des critiques pour améliorer tout ça, mais ils se faisaient rares, ils avaient surement dû être exterminé par la dernière ère glaciaire. Je voulais à tout prix faire carrière dans le manga, me faire un nom parmi les plus grands auteurs. Cela avait une signification pour moi, je pensais que ce métier était le plus proche d’une vie de rêves et d’aventures. Pourtant, je ne me lançais pas dans le métier, je ne m’investissais qu’à moitié. Je ne faisais que des esquisses, des brouillons, des dessins inachevés, des dessins morts nés, du papier en plus dans la corbeille, des arbres en moins sur la planète et peut être même des ours polaires noyés dans l’océan atlantique ou morts de faims sur leur morceau de banquise. Je vais sûrement chercher trop loin…
Je me plaisais surtout à lire des histoires traitant d’histoires de lycéens, toutes aussi fantastiques les unes que les autres, mais celles qui me plaisaient le plus c’était les histoires de lycéens mangaka. J’espérais pouvoir moi aussi vivre une vie comme la leur puis je me trouvais une excuse bidon du genre « Je ne dessine pas assez bien », quelle connerie. Enfin, le récit a trop dérivé et si je ne reviens pas vite à cette froide nuit d’hiver enchevêtré dans les bras de Penelope Cruz to… Ah non, ce n’est pas le bon livre. Enfin, après deux trois heures d’activités artistiques peu intensive, je suis allé me coucher.
Vous allez me dire, « pourquoi il nous raconte cette journée complètement banale !?», et bien je vous répondrez que parce qu’elle fut extraordinairement banale, elle fut aussi le déclic de ma vie je dirais. Bien sûr, je ne me suis pas réveillé le lendemain, habillé en super héros totalement ridicule qui sauve les gens de son quartier des différents tracas de la vie, ma vie n’avait pas changé d’un pouce, je n’avais pas eu non plus de mutation génétique m’ayant rendu plus fort pendant la nuit. Non, rien de tout ça, le déclic ne se sentit que progressivement, je ne vis d’ailleurs pas à quel point je changeais.
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